Insiders Talk #2 - Programmer en club : qui choisit, et à quel prix ?

Le 23 septembre dernier, Shotgun organisait une nouvelle table ronde pour les acteur·ices de la musique électronique en France. Au cœur des échanges : programmer en club : qui choisit, et à quel prix ?
Il s’agissait du 2ème rendez-vous des talks Insiders, une initiative co-construite avec des acteur·ices de la scène, pensée pour leur donner la parole à travers une série d’événements.
À propos d’Insiders
Tout au long de la saison 2026-2027, la série Insiders met en lumière les coulisses et les acteur·ices de la scène électronique française. Co-construite avec des partenaires de l'écosystème, cette initiative est portée par la collaboration entre Shotgun et ses partenaires : les thématiques émergent directement du terrain, portées par l'expérience et la vision des professionnel·les, tandis que Shotgun met à disposition sa plateforme et l'analyse de ses données. Une démarche co-construite où la voix de la scène s'appuie sur la réalité des chiffres.
Les temps forts du talk

Autour de la table, nous avons eu le plaisir de recevoir trois intervenant·es aux parcours et profils complémentaires : Charlotte Lions (Phantom), Alex Pacotte (Super! / Nightvision) et Rag (Virage / Barbi(e)turix). Une discussion passionnante modérée par Mathilde Raynal (a.k.a Scandal Jenner, Rinse / Radio Nova). Pour alimenter la discussion, Shotgun a mis à disposition des données issues de sa plateforme exclusivement - un éclairage inédit sur l’impact d’un nom sur un line-up (IdF, Septembre 2024 à Août 2026).
63%
En club, près d'une soirée sur quatre programme un headliner. Pourtant, les soirées avec headliner représentent 63 % de la recette totale de billets vendus.
"Un lineup un peu « niche / à risque » se tente quand par exemple dans la même semaine j’ai 1 ou 2 sold out quasi sûrs par ailleurs.”
— Rag
"Si je faisais de la techno 3 jours par semaine j'aurais 2 dates sur 3 qui planteraient donc je dois être très versatile”
— Alex Pacotte, Super! / Nightvision
"Un artiste international va accorder en moyenne deux dates par an sur le marché français ; comment va-t-on réussir à en caler une pour Phantom…je dois travailler très très en avance, là je suis sur 2028, avec quand même 20% de flexibilité pour 2027”
— Charlotte
26%
Dans un même club, un headliner vend 26 % de billets en plus qu'un line up émergent.
"Il n’y a pas suffisamment d’artistes dans la catégorie headliners, tout le monde se bat pour les mêmes ce qui entraîne les prix à la hausse car la demande du public est très forte pour les headliners.”
— Charlotte
“On peut créer la tendance en mettant en avant des artistes auxquels personne ne croyait, mais on a aussi besoin de headliners notamment sur des dates plus difficiles.”
— Rag, Virage
“Plus de communication entre les clubs ferait grand bien pour éviter les artistes surcôtés qui ne remplissent pas et ne méritent pas un cachet très élevé, mais les programmateurs ne veulent pas assumer qu’ils se sont plantés.”
— Alex
14%
À une semaine de la soirée, une affiche à headliner a vendu 14 % de ses billets. Une affiche émergente : 5 %.
“Ce qu’on perd en 1 soirée de flop on le rattrape en 10 soirées derrière, l’économie des clubs est très fragile”
— Alex
"On est quand même obligés d’avoir des prises de risques et de tester.”
— Charlotte
"(En cas de billetterie faible sur une soirée) j’essaie plus de m’adapter sur les horaires ou la communication pour remplir le club plutôt que de changer la programmation car je trouve que ça envoie un message pas terrible et qu’il faut assumer sa programmation.”
— Rag
"Je fonctionne avec des offres à palier : cachet minimum + bonus par paliers de 500 billets à partir de 2000 billets vendus par exemple, ce qui permet aussi un engagement de la part de l’artiste.”
— Charlotte
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